Mercredi 24 février 2010
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11:20
CREVARDS, MITEUX, PAUVRES ERRANTS, vous êtes le sel de la terre, la terre craquelée qui ruisselle d'asticots et
de barbelés. Vous êtes le sel de la terre, seuls vous sentez la compassion, les ciels constellés […]
Le Bon Peuple du Sang - récits & variations. 2010
Lisez, écoutez, dévorez, brulez, aimez,
la furieuse et poétique Brigitte Fontaine !
Par Robin
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Publié dans : Eloge du Chaos
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Samedi 20 février 2010
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12:03
Moi, poète des hautes sphères, je mets en garde et je n'exagère point en vous disant que la douleur est sur
pied de guerre depuis longtemps.
Si tu veux vraiment mourir
commence par te taire.
Mais si tu veux vivre
parle
parle plus fort que le fracas de ton corps.
Gloire à tous ceux là qui de leurs cris tissent les feux de l'aube !
Le poète rêve d'en faire partie.
Trois minuscules extraits d' Ultravocal par Frankétienne, Hoëbeke - collection étonnants
voyageurs.
Les excroissances rugueuses des amères catastrophes s’entrepalmèrent, s’entremêlèrent, champignonnèrent en sept nœuds de douleur aux entrailles écharpillées d’une île martyrisée, où s’enfouilla et
s’envigna la fente éléphantesque... d’une faille fantastique où renaissait peu à peu la mémoire, péninsule emphallée de n’avoir pu flotter ni non plus naviguer dans l’eau de la lumière mais mourir
dans l’aura des énigmes, l’asphyxie du gisant pétrifié d’amour fou en un vagin de sable.
Extrait de l’Oiseau Schizophone, Frankétienne, mis en
exergue par M.E. Lenoble, dans Trans— No 6 : Écriture et Chaos.
Osons l'oxymore,
Il est mortellement vital de lire Frankétienne
poète de la spirale et du chaos haïtien.
Par Robin
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Publié dans : Eloge du Chaos
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Dimanche 14 février 2010
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10:04
Revu hier soir le Temps des Gitans d'Emir Kusturica,
Emotion, merveille de réalisme irréel.
Ils veulent
détruire ma vie
Me
décerveler avec leurs seringues
Mais je me suis enfui,
Je ne
suis pas fou !
Me
faire boire des potions !
Avaler
des ampoules !
Des
ampoules !
Attacher mon âme comme un ours savant !
Attacher mes ailes !
Un
esprit sans ailes !
Mon âme
est libre !
Libre
comme un oiseau !
Mon âme
plane ou redescend,
Mon âme
pleure où elle rit et chante.
Quand
Dieu est descendu sur terre
Il a vu
les gitans
Et il a
pris le vol de retour
J'y peux rien.
Monologue du fou,
Kustu.com
Par Robin
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Publié dans : Vive le Krach
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Mardi 31 mars 2009
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Par Robin
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Publié dans : Et... sous la Plage ?
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Jeudi 19 février 2009
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10:52
En ce temps de crise et d'errance de la pensée, d'incertitude totale sur le devenir du monde, je ne résite pas
à revenir sur l'œuvre d'Edgar Morin avec une magnifique citation. Lisez ! Relisez quelqu'un qui pense la crise, le futur, l'utopie complexe plutôt que la mort de l'histoire.
Il faut complexifier la parole et dire : prosaïquement et poétiquement l'homme habite la Terre. La vie humaine
est tissée de prose et de poésie. La vie prosaïque est faite de tâches pratiques, utilitaires, techniques, rationnelles, empiriques. La poésie –définie anthropologiquement et non plus seulement
littérairement – est une façon de vivre dans la participation, l'amour, la jouissance, la ferveur, l'admiration, la communion, l'exaltation, le rite, la fête, l'ivresse, la danse, le chant, la
musique, la liesse, et elle culmine en extase. L'état poétique est l'état « second » qui existentiellement est toujours premier.
Par Robin
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Publié dans : A lire pour vivre mieux
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Mardi 17 février 2009
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22:27
L'homme politique se noie dans la crise
Surfaciel, sous les coups il se brise
S'affole, s'agite et s'écaille – désemparé
D'ego, de manque d'imagination
Certitudes brisées sous le feu du monde
Bricole, croit réparer – alors que tout fuit
Ne peut concevoir autre système
Un homme nouveau porté par la brise
Une germination sauvage – féconde crise
Robin – Février 2009
Par Robin
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Publié dans : Vive le Krach
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Jeudi 12 février 2009
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21:55
[...] il est très pénible de remettre en question les évidences reçues, comme la certitude du caractère positif
de notre civilisation, et la certitude du progrès irréversible inhérent à son développement. [...] Il est quasi impossible, quand on ne considère que la performance quantitative, de percevoir que
le privilège accordé au rendement détruit les paysages, dégrade les territoires et les sols, dénature la campagne et dégrade la vie urbaine. Il est quasi impossible, quand on a subi l'imprinting
des structures de pensée simplifiante/mutilantes qu'on croit rationnelles, de concevoir la complexité, c'est à dire les ambivalences de la science, de la technique, de l'industrie, de
l'urbanisation, du marché, du capitalisme, de l'État, comme de concevoir les inter-rétroactions, le caractère à la fois un, multiple et contradictoire de la nouvelle réalité. Le désarroi est aussi
du côté du diagnostiqueur : les processus sont ambivalents, donc jugements et pronostics sont incertains. La complexité des problèmes, liés en nœuds gordiens mondialisés, rend très difficile la
prise de conscience. L'incapacité de concevoir la complexité de notre monde rend incapable de penser une politique complexe de civilisation [...]
[...] Nous pouvons maintenant formuler les impératifs d'une politique de civilisation :
- Solidariser (contre l'atomisation et la conpartimentation) ;
- Ressourcer (contre l'anonymisation) ;
- Convivialiser (contre la dégradation de la qualité de la vie) ;
- Moraliser (contre l'irresponsabilité et l'égocentrisme) [...]
[...] L'ingrédient vital dont nous avons besoin – et la politique aussi – c'est l'espoir. La résurrection de l'espoir n'est pas ici la résurrection de la Grande Promesse, c'est la
résurrection d'une possibilité. Ni l'incertitude, ni l'angoisse ne sont supprimées, mais, comme on ne peut supporter l'incertitude et l'angoisse que dans la participation, dans l'amour, dans la
fraternité, dans l'action, la politique de civilisation porte en elle l'élan, la participation l'espérance.
[Edgar Morin] - Pour
une politique de civilisation - Arléa - Janvier 2008.
Imaginez maintenant qu'un homme pressé, impulsif, passablement vulgaire, se réclame de la Politique de Civilisation. Le croirez vous ? Relisez ce texte qui insiste sur la solidarité et la
fraternité, qui récuse l'égocentrisme et le privilège accordé au rendement. Tout l'opposé de Nicolas Sarkozy, qui pourtant s'y référait lors de ses
voeux fin 2007. Cet homme semble tout simplement incapable de penser la complexité. Ou bien le fait il exprès ? Edgar Morin, lui, est fortement dubitatif sur ses capacités.
Pour une Politique de Civilisation existe en version
longue écrite avec Sami Naïr. Un chapitre résumant l'essentiel du concept et de l'analyse en a été extrait et publié
séparément. Les présentes citations sont tirées de ce court essai. Lecture hautement conseillée des deux versions !
Lire aussi : Si j'avais été candidat par Edgar Morin
Par Robin
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Publié dans : A lire pour vivre mieux
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Mardi 10 février 2009
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Par Robin
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Publié dans : Et... sous la Plage ?
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